Laylow – Trinity : Analyse complète de l’album

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Trinity est le premier album studio de Laylow, sorti le 28 février 2020.

Il est composé de 22 pistes, cette tracklist se présente avec des orthographes plutôt particulières. Parmi les 22 titres, 7 sont des interludes servant de transitions avec les voix de Laylow, le logiciel Trinity ou d’autres personnages. Les titres musicaux sont inscrits en majuscules, tandis que les autres sont en minuscules, permettant à l’auditeur de s’y repérer plus facilement.

 Cinq artistes sont invités sur Trinity : Wit. qui figure sur tous les projets de Laylow, Jok’Air pour un cinquième featuring et des collaborations inédites avec Alpha Wann, Lomepal et S.Pri Noir.

Le titre de l’album fait référence à Trinity, l’un des protagonistes de la saga Matrix. Son acolyte Wit. a sorti un an auparavant son projet NĒO en référence au personnage de Neo de la même saga.

 Trinity se présente ainsi comme un “logiciel de stimulation émotionnelle” afin de faire retrouver à l’homme certaines émotions perdues dans une réalité qui lui échappe. Et ainsi créer un univers fictif, mis majoritairement en musique par le producteur Dioscures.

Découvrons une analyse chronologique son par son de l’album.

Analyse de l'album Trinity de Laylow

1- Initialisation

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Pour la première interlude Laylow rentre dans Trinity, un logiciel de stimulation émotionnelle, on peut entendre une voix de femme très prenante avec des sons de touche rappelant l’univers de la saga matrix.

Après être entré dans la matrice émotionnelle de Laylow on peut découvrir son univers en commençant par :

2- Megatron

Megatron est le premier extrait de son album, une musique très rythmée avec une instrumentale très inspirée du titre : Black skinhead de kanye west. Une instrumental donc très peu courante dans le rap français, aussi étonnante que la façon de rapper de Laylow.

En effet, il n’hésite pas à s’amuser avec différents flow et effets sur sa voix pour cassez cette monotonie souvent constatée dans le rap fr et donner beaucoup plus de rythme et d’énergie dans le son.

3- Dehors dans la night

dehors dans la night

Pour le deuxième son de l’album, Laylow a choisit de couper son morceau en deux parties.

La première partie nous emmèneras grâce à une instrumentale très planante a un mood assez calme avec des basses très saturés. Ses paroles quant à elle tourne autour de cette sombre mélancolie, entre nuits blanches, alcool et mal être.

Laylow nous emmène directement dans sa tristesse et a sa confrontation aux tentations du vice d’où sa phrase : J’me confronte au mal que pour savoir si j’suis bon au fond.

Dans la deuxième partie du son, l’instru auras complètement changé, avec une nouvelle mélodie, Laylow auras un flow beaucoup plus chantant et autotuné ce qui va permettre de changer d’atmosphère.

Il doit faire face à l’ensemble de ses doutes grâce au programme Trinity ou à l’alcool. Ils sont exprimés dans la répétition de questions rhétoriques qui écrasent l’auditeur comme ils écrasent l’artiste :

  • Remise en cause de la réalité.
  • Paranoïa.
  • Doute de soi.
  • Goût de l’absolu

Dans la fin de la musique (outro) on va avoir une interaction avec le logiciel Trinity, celle-ci va détecter la mélancolie de Laylow et va également influencer sa psyché en le soumettant à différentes situations.

La structure de l’album est donc bien faite par l’ensemble des interventions de Trinity et de ses échanges avec Laylow.

4- HILLZ ft S-pri Noir

hillz ft spri noir

HILLZ est la quatrième piste du premier album studio “Trinity” de Laylow.

Le titre suit l’outro du morceau précédent et place ici les deux sujets de Trinity dans un univers d’ego trip a la luxure de L.A, accompagné de ses soirées, alcools, drogues, sexe.

Le titre HILLZ renvoi aux Hills, les collines d’Hollywood.

Dans l’outro, on a une discussion intéressante entre S-pri Noir et Laylow qui parle d’une certaine femme d’une soirée, du nom de Trinity (même nom que le logiciel).

D’une part elle parait réelle, car il s’agit d’un échange entre deux potes.

D’autre part l’auditeur sait que Laylow a déjà activé Trinity, donc c’est à se demander si cette discussion a réellement existé ou si ce n’est qu’une simulation proposée à Laylow par Trinity.

Et au fur et à mesure du projet, le logiciel semble devenir humain peu à peu, il paraît vraiment donner vie à Trinity.

5- PLUG ft Jok'air

Ce morceau est une collaboration parfaite avec une alliance de flow très coalescent. On sent la dextérité et le maniement parfait des effets sur la voix. Une musique très douce destinés à un plus large public.

6- Menu principal

Dans cet interlude, le logiciel Trinity va choisir une stimulation émotionnelle liant la mélancolie, tristesse, adrénaline, violence. Et c’est par ces différentes variations que l’auditeur peut avoir accès aux différentes facettes de l’artiste.

7- PIRANHA BABY

Le titre de la musique fait référence au baby gang dans le roman « piranhas » de Roberto Saviano.
Dans l’histoire, les “baby gangs” sont des gangs de jeunes italiens qui imitent les mafias, donc on peut ramener cela à un “Baby piranha”. Et dans le même morceau, Laylow se ramène avec ses gars pour “tout bouffer et tout faire péter”.

Le son tourne autour d’une ambiance de violence comme annoncée par la simulation Trinity.
Le refrain chuchoté fait penser à Oboy.

Pour l’outro, le logiciel Trinity va inviter directement Laylow à l’attendre sur le parking, une interaction qui semble assez humaine. Dans le prochain son “Trinityvville”, Laylow va directement faire cette jointure avec cette phrase : « Elle est prête, elle veut l’faire sur le parking ».

Ici, Laylow a complètement personnifié le logiciel et nous embrouille donc sur ce qui est réel ou virtuel.

Ou alors, c’est le logiciel qui joue avec ses souvenir et qui se fait passer pour une femme qu’il a déjà connu.

8- TRINITYVILLE

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“TrinityVille” fait directement référence au personnage de Trinity dans la saga Matrix.

Sur cette musique parlons plutôt du clip qui a été réalisé et qui va nous aider pour imager la simulation.
Au début du clip on peut voir apparaître une femme a l’arrière d’une voiture qui attends en fumant une cigarette : » Elle est prête, elle veut l’faire sur le parking, pleins phares, pleine lune ».

Ensuite on la voit disparaître comme si c’était qu’un simple hologramme et c’est Laylow qui apparaît à sa place avec une cigarette.

Durant la continuité du clip Laylow verras apparaitre et disparaitre Trinity pendant des scènes (sur la moto, au bar, dans un ascenseur). A la fin du clip on aperçoit Laylow seul dans les scènes, Trinity disparut.

On comprend donc que Laylow imagine ou voit le logiciel Trinity comme une femme qui malheureusement n’est que virtuel et de passage. N’oublions pas que Trinity n’est que le reflet des émotions de Laylow.

9- Mieux vaut pas regarder, Pt. 1

Première partie de cet interlude où l’artiste semble avoir quitté temporairement le logiciel Trinity, la chute semble assez dure, il se retrouve dans sa voiture lorsque qu’un mendiant l’interpelle.

Le titre, quant à lui, fait référence au titre qui vient juste après, où l’on retrouve plusieurs fois “mieux vaut pas regarder”.

10- VAMONOS ft Alpha Wann

alpha wann

Vamonos (allons-y) un son ego-trip en featuring avec Alpha Wann.

Sans allusions ni interactions avec Trinity parlons de la technicité d’Alpha Wann avec ces deux punchlines :

« Y’en a qui chutent comme Niagara, ça n'me mouille pas »
prenom-alpha-wann
Alpha Wann

Alpha Wann emploie le mot “chutent” pour décrire la défaite de ses adversaires, ce qui lui permet donc de faire sa référence avec celles du Niagara (les chutes du Niagara).

L’artiste nous informe que le fait que les autres échouent ne le touche pas, la concurrence va finir sa course dans l’eau et il est beaucoup trop “haut” pour que les éclaboussures ne le mouille.

« Vingt-et-unième S, les gens n'ont plus de cœur, plus de poumons, plus de foie »
prenom-alpha-wann
Alpha Wann

Alpha Wann dit que désormais, au 21ème siècle, les gens perdent les valeurs de l’amour, de l’amitié et de la loyauté (plus de cœur), qu’ils tombent souvent dans l’addiction à la fumée sous toutes ses formes (plus de poumons) et qu’ils tombent aussi dans l’ivresse liée à l’alcool (plus de foie).

La foi (foie) est un jeu de mot disant aussi que les gens perdent leurs convictions pour toutes choses. Cette phase illustre donc la décadence des gens aujourd’hui, dans une vision cynique et pessimiste de la société d’aujourd’hui.

11- AKANIZER

On peut entendre dans l’intro Trinity dire que la température est trop élevée, on peut constater une évolution du rapport de compatibilité avec Trinity.

Dans « Menu Principal » le taux est dit élevé. Après Piranha Baby le taux est critique. Ici la température est trop élevée, en surchauffe, le logiciel paraît en danger…

Dans l’outro Trinity dira : « Crash du système. Retour à l’état initial » donc après différents avertissements du logiciel, la rupture avec le Logiciel Trinity est totale.

Les émotions de Laylow sont bien trop intenses, il retourne à sa réalité.

12- BURNING MAN ft Lomepal

burning man ft lomepal

Le titre peut faire référence au festival américain Burning Man, où des milliers de personnes se retrouvent dans le désert du Nevada dans un décor inspiré du Steampunk et de l’univers de Mad Max. Le festival se termine en brûlant une gigantesque construction en bois représentant un homme et construite au long du festival.

Tout au long de la piste, Lomepal et Laylow parlent de leur autodestruction à travers des relations inachevées ou tout simplement à force de se perdre dans une société qu’ils ne comprennent pas.

13- Il était une fois sous l’eau

Trinity dit dans cet interlude dit : « Utilisateur submergé. Je me suis attaché à toi. À vous, ah excusez-moi. Faites attention à vous ».

On peut supposer que Laylow personnifie Trinity. Ainsi, il rêve que le logiciel soit amoureux de lui. Le débit lent de Trinity ne lui ressemble pas, c’est un logiciel, ainsi pas de sentiments humains possibles, donc pas d’attachement et une confiance de ce qu’elle dit.

Pas de doute, pendant cette interlude, Laylow rêve.

14- LONGUE VIE…

Laylow semble souhaiter une longue vie à ses adversaires dans la musique, lui, sait qu’il ne percera pas, que la musique ne sera pas son métier et donc qu’il ne fera pas ça toute sa vie. Il traite les autres artistes de “vendus” car ils s’adaptent à ce qui marche commercialement.

Laylow prouve encore qu’il est une des figures artistiques les plus créatives du paysage musical français et souvent à contre-courant des codes du rap.

Il déploie un univers technologique où la sentimentalité, l’egotrip et une certaine vision de l’époque cohabitent, toujours avec une puissante capacité d’incarnation.

15- Mieux vaut pas regarder, Pt. 2

Deuxième partie de cet interlude où Lay a quitté temporairement le logiciel Trinity, la chute semble assez dure, il se retrouve dans sa voiture lorsque qu’un mendiant l’interpelle.

Ici, Laylow entame une discussion avec le mendiant où celui-ci racontera sa vie dans le morceau suivant : … DE BATARD en feat avec Wit.

16- …DE BATARD ft Wit

Le son est un storytelling qui raconte la décadence d’un homme. (Le sans-abris qui accoste Laylow dans “Mieux vaut pas regarder pt.2”). Chaque couplet du morceau provient d’un personnage différent.

Ce premier couplet se concentre sur la vie du sans-abri avant qu’il ne finisse dehors. On nous décrit une vie de débauche et de flemme, qui soulève des problèmes sur sa vie sentimentale et professionnelle. On comprend donc que ces éléments seront finalement les raisons de sa vie actuelle.

Le deuxième couplet est du point de vue de sa compagne qui s’inquiète de l’avenir de leur famille ainsi que du comportement détaché et irresponsable du mari. Ce couplet se termine sur l’inquiétude de cette femme sur sa fille pour faire la transition sur le dernier couplet et point de vue d’un membre de cette famille.

Le troisième couplet est donc du point de vue de leurs fille qui tombe naïvement amoureuse d’un garçon plus âgé qu’elle, qui ne cherche qu’à abuser sexuellement de cette fille.

Enfin le dernier couplet est du point de vue d’un huissier qui vient embarquer tous les meubles de la famille et qui sert donc de conclusion et d’explication à la vie actuelle du sans domicile fixe.

17- Tentative de reconnexion

Laylow n’arriveras pas à se reconnecter au système Trinity.

Après des sons remplis d’adrénalines, Laylow entamera donc une partie plus sombre de ses sentiments non contrôlés par le logiciel.

Ainsi dans les derniers titres de Trinity, on assistera à des titres où Lay est absorbé par la mélancolie (Nakré/Logiciel Triste) ou encore fixé dans un labyrinthe du sentiment amoureux (Poizon/Million Flowerz).

18- POIZON

laylow trinity poizon

Poizon est le troisième extrait officiel de l’album, il est sorti le 25 février 2020.

Le poizon dont parle Laylow est en fait lui-même : son physique, son attitude, charme.

L’analogie avec une substance addictive est évidente, la fille ne veut “rien d’autre” comme si elle en était accro. L’auditeur trouvera tout le champ lexical de la drogue et de l’addiction au cours du son.

19- NAKRé

Laylow est obligé de se confronter à la réalité suite à l’impossibilité de se connecter au logiciel lui permettant de fuir. Il est dans une spirale mélancolique qui se ressent énormément dans ce morceau

Le titre de ce morceau est en référence à la couleur des pupilles après avoir pleuré, une brillance nacrée qu’on peut retrouver dans cette phrase : « y’a tes yeux qui sont nacrés ».

20- MILLION FLOWERS

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Une musique très intime et touchante, avec un flow encore jamais entendue dans ses autres sons.

Dans ce morceau Laylow évoque des regrets et des remords concernant une précédente relation amoureuse dont il n’a toujours pas fait le deuil.

Il compte s’excuser en se présentant avec des millions d’flowers, peut-être une référence cinématographique au film de Tim Burton “Big fish”, où le héros de l’histoire attend sa bien-aimée aux milieux de ses narcisses.

21- Manuel d’utilisation

Dernière interlude de l’album, où on assiste à une conversation entre Laylow et Trinity.

Toujours guidé par la voix de Trinity dans ce projet, Lay lui pose des questions pour en découvrir plus sur ce logiciel.

22- LOGICIEL TRISTE

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Dernier son de l’album, toujours non reconnecté à la simulation Trinity, Laylow sombre de plus en plus.

A la fin de cette musique mélancolique, on entend Trinity dire : “extinction du programme Trinity”.

Trinity était donc le refuge virtuel que Laylow s’était créé pour échapper à cette réalité insipide.

La fuite et le refoulement de la réalité rend Laylow encore plus triste. Depuis sa déconnexion du programme on a observé des sons de plus en plus sombres jusqu’à l’extinction.

Conclusion sur l'album Trinity de Laylow

Dans cet album, l’artiste a donc créé une histoire de toute pièce. En créant le logiciel Trinity, Laylow peut s’exprimer sur sa mélancolie. Chaque morceau est une pièce du puzzle et chaque détail compte.

Pour bien comprendre l’univers que Laylow à créé, il faut donc écouter les morceaux les uns à la suite des autres.

Qu’as-tu pensé de l’album Trinity de Laylow ? N’hésite pas à nous le dire dans les commentaires.

Rédigé par Anthony

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Enzo

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